Terry Pratchett & Neil Gaiman : De bons présages

18/06/2015

Note : Vous lisez une fiche relativement ancienne, elle sera probablement moins riche que les critiques les plus récentes ! 

Présentation et résumé

(avant tout, je tiens à préciser que j'ai lu ce livre en anglais, certains noms peuvent donc être différents, certaines traductions approximatives)

Terry Pratchett est un auteur prolifique et chacun de ses livres est d'une grande qualité, abordant de nombreux thèmes, parfois graves, sous le décor de l'humour. Il est notamment l'auteur de la série d'heroic-fantasy Les annales du Disque-monde, qui compte une quarantaine de tomes.

Neil Gaiman est un auteur britannique, reconnu notamment pour la série de romans graphiques intitulée Sandman ; il a rencontré Terry Prachett lors d'une interview à propos de la parution du premier roman des Annales du disque-monde, et lui a envoyé par la suite le début du manuscrit de Good Omens. La genèse de ce livre est d'ailleurs présentée à la fin de l'ouvrage (n.b. : en anglais du moins).

 Good Omens présente l'histoire de l'apocalypse, à la manière humoristique propre aux deux auteurs ; on retrouve ainsi un ange et un démon, qui sont par ailleurs en très bons termes, et qui tâchent de faire en sorte qu'Armaggedon soit annulé car, tout compte fait, ils se plaisent bien sur Terre.

Analyse

 Tout au long du roman, on retrouve de très nombreux signes distinctifs de l'écriture de Terry Pratchett (je ne connais pas Neil Gaiman mais je peux supposer qu'il a également son rôle à jouer) : situations absurdes et personnages contradictoires sont au rendez-vous.

 Si les personnages sont attachants, la narration qui se perd quelque peu entre tous les protagonistes brouille un peu le sentiment d'attachement que l'on pourrait développer envers l'un d'eux. Bien entendu, celui qui semble être le héros principal de cette histoire, le démon Crowley, est parfaitement sympathique et amusant ; cependant, jamais on ne se sent réellement à ses côtés. Certains rejoignent l'aventure en cours de route et ne trouvent pas de véritable rôle à jouer, faisant office de figurant plus que de personnage à part entière.

 La narration m'a également semblé quelque peu hasardeuse par moments : le rythme du récit n'était pas toujours soutenu et l'action, quand elle subvenait, me semblait manquer de profondeur en certaines occasions.

 Les notions abordées sont toutefois faites avec un humour et un point de vue déroutant familiers à Terry Pratchett, et on retrouve ainsi de nombreuses réflexions particulièrement amusantes. Par exemple, si les forces du Mal et du Bien sont à l'origine de certains des fléaux qui pèsent sur notre monde, tels que l'équivalent du périphérique londonien, les pires atrocités ont été commises par les humains et, à plusieurs occasions, Crowley, le protagoniste démoniaque, a pensé à envoyer En Bas un extrait de ce que les humains faisaient avec, comme simple commentaire : prenez-en de la graine.

 La morale finale est également assez intéressante, d'un point de vue philosophique : l'engeance de Satan qui n'est autre qu'un enfant de onze ans refuse que l'apocalypse soit déclenchée car, au fond, il sait que personne n'a envie d'éradiquer définitivement l'autre ; il prend l'exemple du '' gang '' rival au sien, qui, en étant son parfait opposé et adversaire depuis des années, lui donne une raison d'être. Voici qui devrait donner matière à réfléchir à certains puristes sur des questions millénaires.

 La conclusion du livre est également très belle, je la place ici et non pas parmi les citations car elle requiert quelques explications : Et, pour Adam, il n'y avait aucune pomme qui ne valait pas les ennuis qui vous venaient pour l'avoir mangée. Ceci est une référence à la bible (on remarquera que le jeune garçon, par un habile jeu du sort, s'appelle Adam) et signifie, sauf erreur d'interprétation, que toutes les peines et les malheurs qui nous suivent au long de notre vie lui donnent en définitive son intérêt.

 Good Omens est donc un roman qui possède de certaines qualités, que ce soit à propos de l'humour qui y règne - qui aurait pensé que les quatre cavaliers de l'apocalypse se transformeraient en bikers, en véritables Hell's Angels ? - ou des messages qu'il contient. Toutefois, je l'ai trouvé quelque peu décevant par rapport à ce à quoi je m'attendais ; étant un immense amateur de Terry Pratchett, je peux me permettre de dire que c'est un livre qui ne vaut pas ses meilleurs ouvrages.

Citations

(Directement traduites de l'anglais, elles ne sont donc pas officielles)

 L'Enfer n'était pas un immense réservoir de malfaisance, pas plus que le Paradis, pour Crowley, n'était une fontaine de bienfaisance ; ce n'étaient que des partis adverses dans la grande partie d'échecs cosmique.

 De toute manière, si vous arrêtiez de dire aux gens que tout est résolu après qu'ils soient morts, ils essaieraient sans doute de résoudre leurs problèmes pendant qu'ils sont en vie.