Stéphane Beauverger : Le déchronologue

08/01/2016

Fiche rapide

L'auteur

 Stéphane Beauverger, né en 1969, est un écrivain de science-fiction français. Journaliste de formation, il publie en 2005 son premier roman, Chromozone. Le Déchronologue (2009) est son quatrième roman ; il a remporté 5 prix, parmi lesquels le grand prix de l'Imaginaire 2010. 

Résumé

 Le Déchronologue est un roman écrit à la première personne ; l'introduction nous permet de comprendre qu'il s'agit du carnet de bord du capitaine Henri Villon, flibustier sillonnant les eaux des Caraïbes à bord de son navire nommé Le Déchronologue. L'intrigue se déroule entre 1640 et 1653, sans respect de l'ordre chronologique.

 Une particularité notable du roman est en effet que la trame narrative est complètement morcelée, et que les chapitres ne se suivent pas ; ils sont d'ailleurs numérotés dans l'ordre, mais le chapitre II suit le chapitre VI, etc. Cela requiert certes un peu de concentration de temps à autre pour savoir si le personnage dont il est question n'est pas déjà mort, mais cela permet aussi des moments extrêmement plaisants où l'on voit le protagoniste dialoguer avec un acolyte dont on a déjà lu les conditions du trépas (Dan Simmons avait fait quelque chose dans le même genre dans Endymion, voir la fiche).

 L'idée centrale est qu'une faille temporelle sévit dans les Caraïbes, et les abreuve aussi bien en navires ennemis venus de temps lointains - des flottes d'Alexandre le Grand au porte avion américain le George Washington - qu'en maravillas, à savoir en objets technologiques contemporains. Ainsi, les comptoirs des Caraïbes du 17ème siècle développent-ils une frénésie pour les baladeurs MP3, les lampes torches et autres petits bijoux technologiques.

 Henri Villon est recruté par les indigènes itzas et par de mystérieux hommes du futur, les Targuis, pour combattre les espagnols, et livre une guerre contre cet ennemi invincible venu du futur, le Geroge Washington.

Points positifs

 Un roman extrêmement bien écrit, à la trame narrative superbement menée. Les histoires se croisent et se chevauchent, les personnages ont une réelle profondeur, le capitaine est incroyablement attachant et humain. L'idée des maravillas est superbement exploitée.

 De plus, la documentation très sérieuse de Beauverger rend l'histoire parfaitement crédible ; la vie à bord d'un navire est décrite à merveille.

Point(s) négatifs

 On aurait voulu en savoir un peu plus sur les Itzas, ces autochtones semblables aux Aztèques, et sur les Targuis, leur technologie et leur histoire.

Citations

Puisque mes rêves ont révélé un goût de cendre, pourquoi craindre de disparaître ?

Vivre vieux n'a jamais fait partie de mes ambitions.

A force de déchirer les voiles qui vous dissimulent la vérité, vous n'accordez plus au monde l'illusion nécessaire à la paix de l'esprit.