Isaac Asimov : Fondation

17/02/2015

Note : Vous lisez une fiche relativement ancienne, elle sera probablement moins riche que les critiques les plus récentes ! 

Présentation et résumé

Reconnu comme l'un des pionniers de la Science-Fiction, Isaac Asimov est un écrivain d'origine russe ayant vécu la majeure partie de sa vie aux Etats-Unis dont l'oeuvre prolifique tient aujourd'hui lieu de référence : on n'a pas découvert la science-fiction tant qu'on n'a pas lu Isaac Asimov.

Il est notamment à l'origine des fameuses trois lois de la robotique, qui régissent le fonctionnement de toute intelligence artificielle, et une grande partie de ses écrits s'intéresse à la place que peuvent prendre les robots dans le monde de l'Homme - pour découvrir ses théories à ce sujet, Le Cycle des Robots est un incontournable. Ecrivain, mais surtout visionnaire, Isaac Asimov a édicté depuis les années 1950 des principes fondamentaux qui gouvernent aujourd'hui encore les travaux des scientifiques.

 Fondation est un cycle de cinq ouvrages dans lequel les robots, bien que faisant quelques brèves apparitions, ne sont pas au centre de l'intrigue. Dans un futur lointain, un brillant mathématicien développe une science incongrue : la psychohistoire [note : ceci n'est pas une invention d'Asimov mais de Nat Schachner], une discipline grâce à laquelle peut être prédite l'histoire de façon quasi-certaine, à partir d'ensembles d'équations d'une complexité terrifiante. Et ce mathématicien s'aperçoit que le déclin de l'Empire, dont l'hégémonie s'étend aux confins de l'univers, est aussi proche qu'inévitable.

Analyse

Hari Seldon, le brillant psychohistorien, envoie en conséquence de ses découvertes une colonie, la Fondation, chargée de se développer dans un coin de l'Empire pour lui succéder et éviter une période de troubles pour l'humanité.

Les deux premiers ouvrages - Fondation et Fondation et Empire sont des nouvelles assez courtes, dans lesquelles l'action se déroule très rapidement. Trop rapidement peut être puisqu'en deux courts livres (moins de cinq cents pages à eux deux) sont couverts plusieurs siècles d'une histoire qui est pourtant passionnante. Mais la volonté d'Asimov a peut être été de ne pas s'attarder sur les détails pour mieux faire passer l'idée générale : on découvre en effet des faits socio-politiques étonnants. Le cycle tient alors moins d'un roman de science-fiction que d'un traité de sciences humaines romancé.

On étudie au travers des ces nouvelles comment le pouvoir peut naître de toutes parts, et que chaque mode de fonctionnement de la Fondation n'est qu'un alibi pour le canaliser. Impressionnés par les connaissances scientifiques de la Fondation, leurs voisins s'inclinent dans un premier temps devant leur pouvoir technologique ; dans un second temps, ils vont jusqu'à y porter un culte, transformant la technologie en religion et les scientifiques en prêtres. Ensuite vient le pouvoir de l'argent des princes marchands dominant grâce à l'avarice humaine, puis, inévitablement, le pouvoir militaire.

Les romans suivants sont plus détaillés et s'attachent à suivre des personnages pendant plus longtemps ; on peut alors découvrir un univers de Science-Fiction qui, quoi qu'assez classique, est très réfléchi et pourrait bien décrire le monde de demain, aussi bien politiquement que socialement.

On pardonnera quelques incohérences nécessaires au bon déroulement de l'histoire - par exemple, deux fugitifs s'échappant de la planète la plus puissante du monde connu sur un petit vaisseau de transport certes très au fait en matière de technologie -, qui ne gâchent pas le plaisir d'une intrigue aussi profonde qu'alléchante : retrouver la planète des origines, cette Terra dont certains illuminés parlent avec une sorte d'adoration mais à laquelle personne ne croit vraiment.

Le cycle de Fondation est donc un cycle d'une grande qualité et qui aborde de nombreux problèmes humains comme scientifiques. Le style d'Asimov n'est pas sa qualité première, mais n'entrave nullement cette lecture passionnante, agréable, instructive et chaudement recommandable.

Citations

(Note : il s'agit peut être de traductions approximatives, ayant lu certains des livres en anglais)

Pour réussir, il ne suffit pas de prévoir. Il faut aussi savoir improviser.

La violence est le dernier refuge de l'incompétence

Ne laisse jamais ta conscience morale t'empêcher de faire ce qui est bien.