Jean-Philippe Jaworski : Même pas mort

02/02/2016

Fiche rapide

L'auteur

 Jean-Philippe Jaworski est un écrivain français né en 1969. Il est l'auteur de deux jeux de rôles (Te Deum et Le Tiers-Âge, ce dernier prenant place dans l'univers du Seigneur des Anneaux). Il a tout d'abord publié le recueil de nouvelles Janua Vera en 2007, puis Gagner la Guerre en 2009, dans un même univers appelé le Vieux Royaume. Plus récemment, il a publié Même pas mort en 2013.

Résumé

 Les lecteurs de Gagner la guerre et de Janua Vera pourraient être déçus de quitter le Vieux Royaume, l'univers attachant et féerique créé par Jaworski dans ses précédents ouvrages. Ce serait cependant négliger la crédibilité incroyable du cadre créé pour le premier tome de la trilogie des Rois du monde..

 L'histoire nous plonge au coeur des tribus gauloises et de leurs conflits incessants, dans des lieux qui semblent tourner autour du massif central (voir carte). On y rejoint Bellovèse, fils de Sacrovèse et neveu du haut roi des gaulois. Le narrateur relate des événements qui remontent à bien longtemps pour lui, du temps où il n'était pas encore couvert de gloire... Ce qui permet plusieurs discontinuités dans la trame narrative, alternant le récit de la première guerre de Bellovèse - celle où il reçoit une blessure qui aurait dû le tuer - avec celui de sa petite enfance pour revenir enfin à des événements plus récents.

 Toute cette narration est menée de manière extrêmement intelligente, et chaque épisode est proprement passionnant : en plus de nous apprendre énormément sur les us et coutumes triviaux de ces peuples, Jaworski nous plonge dans une histoire captivante et profonde.

Points positifs

 Fidèle à lui-même, Jaworski propose avec Gagner la guerre un roman extrêmement bien écrit, passionnant et riche en aventures et rebondissements.

 La psychologie des héros arvernes nous est exposée avec suffisamment de finesse pour que l'on puisse voir en eux plus que des bêtes sauvages : certes, ils sont brutaux, barbares et sanguinaires, mais ce sont également les premiers à tendre la main à celui qu'ils viennent d'essayer d'étriper.

 Les personnages sont tous assez intéressants parce que bien particuliers : le barde qui possède des dons presque magiques, les héros qui ont tous leur particularité, et les personnages divins ou fantastiques qui, tels que présentés dans le récit, peuvent parfaitement n'être que le produit du rêve et de l'imagination - comme tous les autres éléments fantastiques de l'histoire, d'ailleurs.

Point négatif

 Benvenuto, le protagoniste de Gagner la guerre, est bien plus haut en couleur que Bellovèse : l'assassin du Vieux Royaume était menteur, tricheur, prétentieux, malhonnête et égoïste, tandis que Bellovèse, bien qu'un peu turbulent, ne se distingue ni par d'incroyables vertus héroïques, ni par fourberie, ni par son astuce.

Citation

 Dans ma vanité réside une part de vérité : je suis riche de passé comme d'avenir, et parce que je vacille au bord du monde, l'abîme tonne que je en suis qu'une chrysalide , que la vraie grandeur reste à construire.