Charles Dickens : Les temps difficiles

14/01/2016

Fiche rapide 

Note : Livre lu en anglais, titre d'origine : Hard times ; les remarques par rapport à la langue se réfèrent donc au texte original et ne s'appliquent peut être pas à la traduction.

L'auteur

 Charles Dickens est un écrivain anglais, né en 1812 et mort en 1870, considéré comme le plus grand romancier de l'époque victorienne. Il a joui d'une immense popularité durant son vivant, apprécié pour son humour et sa satire des moeurs et des caractères. Il est l'auteur de plus d'une vingtaine de romans, parmi lesquels Oliver Twist (1839) ou David Copperfield (1850). 

Résumé

 Les temps difficiles (1854) est un roman originellement publié en feuilleton, comme la plupart des romans de Dickens, qui raconte l'histoire d'une famille vivant dans la ville fictive de Coketown, allégorie de Manchester : une ville industrielle, grise, terne, où les travailleurs (appelés les Mains) sont traités comme des outils.

 Le père de cette famille, Thomas Gradgrind, représente la bourgeoisie de son époque et la philosophie rationaliste, obsédée par les Faits. Tout l'enjeu du roman sera de critiquer cette philosophie, en mettant en scène les personnages dans des situations qui échappent définitivement à la raison. Par exemple, dans une des scènes finales, le fils de Thomas Gradgrind, que cette éducation trop rigide a rendu délinquant, doit effectuer un numéro de cirque devant sa famille, dans le même cirque qui fut à l'origine d'un incident à l'ouverture du roman au cours duquel l'on comprend que l'âme d'un enfant ne peut être muselée par des faits.

 Les intrigues développées nous présentent également des prolétaires, parmi lesquels Stephen Blackpool, et nous montres la difficulté de leurs conditions de travail - bien entendu, sans le dire explicitement une seule fois ; Dickens a juste besoin de décrire leurs rythmes de vie pour que nous comprenions.

A retenir

 Il faut savoir que le lectorat de Dickens était extrêmement éclectique : il était en effet lu aussi bien par des bourgeois - la nouvelle classe moyenne de l'Angleterre victorienne - que par les prolétaires, qui se réunissaient chaque semaine lorsque le chapitre du feuilleton était publié, pour en écouter la lecture.

 L'un des thèmes favoris de Dickens était la critique de la modernité pour faire un éloge de la Nature, et il est présent à de nombreuses reprises dans ce roman. Mais Les temps difficilent présentent également une critique très intéressante de cette philosophie rationaliste et nous expliquent pourquoi elle ne peut fonctionner, étant donné que l'imagination ne peut être muselée sans anéantir l'être - comme pour la fille de Gradgrind qui devient apathique - ou sans créer des troubles - comme pour son fils qui tombe dans le jeu et le vol.

Points positifs

 Dickens manie parfaitement la langue (anglaise) et c'est un plaisir à lire, du début à la fin. Ses descriptions sont hautes en couleur, les personnages sont extrêmement caractérisés - tous ont un trait particulier extrêmement accentué -, les situations sont toujours traitées avec une ironie et un cynisme jouissif (voir la deuxième citation).

Points négatifs

 Quelques longueurs, chaque situation était extrêmement détaillée et certaines le méritant moins que d'autres.

Citations

Il tenait sa main droite à distance de bras. ["Holding his right hand at arm's lenght"].

A propos du travail dans les usines (NB : tout ce qui suit est de la pure ironie) : Je vais vous en énoncer les faits. C'est le travail le plus plaisant qui soit, et le plus léger qui soit, et le mieux payé qui soit. De plus, nous ne pourrions améliorer les usines elles-mêmes, à moins de mettre des tapis turques au sol.